lundi 15 septembre 2008

05/09/2008 : Temples, sanctuaires et Geishas

Aujourd’hui, nous avons un programme chargé, on doit voir un maximum de Kyoto dans la journée. Notre première destination est le temple Sanjusangen-do, pas très loin de l’hôtel. Avant tout je voulais revenir sur la traduction de « shrine », eh bien, c’est un sanctuaire ! En gros la religion au Japon se divise en 2 grandes branches, le bouddhisme (temples) et le shintoïsme (sanctuaires). Les sanctuaires sont facilement reconnaissables, grâces au « torii », ce sont comme des encadrements de portes, peintes en rouge.


Le temple de Sanjusangen-do (bouddhiste donc) a la particularité d’avoir une collection de 1001 statues recouvertes d’or, de taille humaine de la déesse Kannon, dont une de taille gigantesque. On peut y voir aussi les statues des 28 dieux gardiens qui protègent Kannon. Et tout ceci tient dans une seule pièce ! Pour y entrer, on doit enlever nos chaussures, encore une fois. Les photos et vidéos sont interdites, c’est donc un peu déçu qu’on fait cette visite. Ce trésor est très impressionnant, mais on a trouvé que les explications sur les dieux bouddhistes en anglais, étaient soit très mal écrites, soit cette religion venant de pays plus à l’ouest, a été maintes et maintes fois remaniée par les japonais à leur sauce…pour s’adapter à leurs mythes et légendes propres. En gros les messages disaient : « là c’est le Dieu de l’eau, à l’origine il était ça. Mais après réflexion on l’a fait devenir cela, ça collait mieux à nos croyances, donc on l’a un peu remanié ». On a trouvé ça un peu bizarre.


La faim se faisant ressentir quelque peu, on s’est arrêté au McDo jouxtant la gare de métro que l’on devait emprunter plus tard. On a goûté le McTeriyaki, mais ce n’était pas très bon.


Maintenant, nous nous dirigeons vers le sanctuaire Fuchimi-inari, l’un des plus connus de Kyoto, et peut être un des plus mystiques. Sa particularité à lui est d’avoir des sentiers recouverts par des toriis qui s’étendent sur plus de 4 km dans la montagne. Il se trouve au sud de Kyoto, et nous prenons donc un train pour y aller. Nous arrivons à la gare, et la route menant au sanctuaire est très bien indiquée. Dès notre arrivée, on est tout de suite très impressionné par la beauté et la majesté des lieux. A l’entrée, qui se trouve à la limite de la ville, à l’orée des bois, il y a une salle de cérémonie, ou un « moine/prêtre », chante une chanson étrange. On est tout de suite charmés par cet endroit. Un peu plus loin, on trouve assez vite les chemins couverts de toriis (les grands encadrements de porte rouges, pour ceux qui ne suivent pas…). On s’engage dans le premier qui est assez spacieux. Je m’aperçois très vite que cette forêt est infestée d’insectes en tous genre (et ça ne me plait pas trop !!!), d’énormes toiles d’araignées ainsi que leurs habitantes sont logées dans chaque recoin, des dizaines de moustiques m’ont déjà mitraillés les jambes, et je ne parle même pas de tous ces insectes « oversized » qu’on ne connait même pas ! On arrive à un croisement, ou il faut choisir un tunnel, mais cette fois ci beaucoup plus petit. On prend celui de gauche, et au bout se trouve d’autre très beaux bâtiments de cultes, une petite maison de thé, et un restaurant. On continue notre ascension dans les presque tunnels de toriis, jusqu’à arriver à un nouveau croisement. Ici, il commence à faire sombre, et je ne suis vraiment pas rassurée par la taille des araignées au dessus de ma tête, qui ne fait qu’augmenter. Un touriste chilien, très sympa, me demande de prendre une photo de lui avec son appareil, et j’accepte avec plaisir. C’est alors que j’observais tranquillement la forêt avec l’œil de la caméra, qu’une énorme abeille m’a foncé dessus, dans le cou ! J’ai hurlé !!! Il était temps pour moi de quitter cet endroit, qui m’a paru bien flippant à ce moment là. Mathieu m’a rassuré un peu, mais il était préférable de s’en aller, il y avait vraiment trop de bestioles ! Tu parles d’une aventurière !



Direction maintenant un autre sanctuaire, celui de «Shimogamo » qui se trouve dans le delta de la rivière de Kyoto. A ce qu’il paraît c’est un très bel endroit lors du festival d’été du « Matsuri », mais je pense qu’on n’en a pas trop profité à cause de la pluie qui s’est mise à tomber, et du coup on a voulu aller autre part, au temple de « Kiyomizu Dera» dans le quartier de Gion.



On prend le métro jusqu’à l’arrêt le plus proche. Le temple n’est qu’à 1 ou 2 km de là, et on a envie de faire la balade jusque là. Le détail que l’on n’a connu qu’une fois sur place, c’est que ce temple d’une secte bouddhiste, est perché assez haut sur la montagne, et que les 1 ou 2 km, il faut les faire en grimpant ! A bout de souffle dans la chaleur étouffante de ce jour mi-pluvieux, mi-écrasant de chaleur et d’humidité, nous arrivons enfin au temple. Celui-ci est vraiment splendide, avec plusieurs bâtiments aux couleurs criardes, sa pagode, sa vue imprenable sur la ville de Kyoto ! On fait un bon tour, on observe, on se détend. Puis, on se dirige vers la sortie, pour redescendre par la petite rue commerçante, qui rejoint le quartier de Gion. Après quelques achats de dernière minute, on se retrouve devant le Yasaka Shrine (le sanctuaire Yasaka).



On a prévu de rester dans le quartier de Gion ce soir, encore une fois, mais pas pour n’importe quelle raison ! On est la pour faire la chasse à la Geisha ! On se dirige donc vers le Gion Corner, ce qui est à la fois une école de Geishas, et une salle où elles se donnent en spectacle (chant, poésie, harpe, cérémonie du thé, composition florale…), pour quelques privilégiés. Il n’est pas rare non plus de les voir sortir des maisons de Thé de cette même rue. On se poste là quelques minutes, et on en voit 4 !!! Elles sortaient d’un établissement et ont prit un taxi aussi sec ! On voulait les voir mieux que ça quand même ! Alors on a fait une pause au petit restaurant chinois de l’avant-veille, et on est repartis à la chasse !!!



Chasse fructueuse, puisque Mathieu a gentiment demandé à l’une d’entre elles si elle voulait bien se laisser prendre en photo et qu’elle lui a dit oui ! Il a de la chance dis donc, il a parlé à une Geisha !
C’est donc la tête pleine de rêve qu’on est retournés à notre Ryokan.

04/09/08 : O sake kudasai !

Cette nuit nous avons coupé la fonction « phone » de nos téléphones, afin de les garder allumer sans leur permettre de sonner. Le réveil était programmé à 8h30, nous avons trainé un peu car une autre journée harassante nous attendait.
Nous sommes sortis du ryokan à 10 heures avec un bon paquet de cartes et documentations sur la ville, fournies par nos hôtes.

Nous sommes allés à la gare de kyoto pour prendre le JR Sagano jusqu'à Nijo pour visiter le château Nijo-jo. C’est un château, situé dans le centre de kyoto, qui fut la résidence du 3ème shogun Ieyasu Tokugawa en 1626. Le château est superbe, tous les murs intérieurs sont recouverts d’une couche d’or, et des fresques sont peintes par-dessus, tout ceci datant de 1603 à 1626 (période de construction). Les peintures représentent des pins, des tigres et des faucons dessinés à la old faishoned japonese style, très joli ! Les photos y étaient évidemment interdites pour ne pas les détériorer. Les planchers, d’un superbe bois noir, sont conçus pour grincer lorsque l’on marche dessus, pour entendre les intrus (nous étions pied nus, comme pour la plupart des temples et châteaux).
Le Nijo-jo est entouré d’un superbe jardin créé par Kobori Enshu, avec une cascade, un plan d’eau et une petite île, l’ile du bonheur éternel, sur laquelle s’était posé un héron de bonne taille.




Petite anecdote : nous y avons retrouvé une vieille dame anglaise accompagnée de sa guide perso, que nous avions déjà croisé à Miyajima et Himeji. C’est amusant de se retrouver au même endroit et à la même heure à plusieurs centaines de km et 3 fois de suite !

La faim commençait à se faire ressentir, avant de passer à l’édifice suivant, et après avoir vu un entrainement de pompiers japonais (qui criaient comme des malades), nous nous sommes arrêtés dans le gyudon des catcheurs (il y avait des personnages de manga hyper musclés sur tous les murs). Nous avons encore une fois utilisé une machine pour commander notre repas, mais il y avait des petites images sur celle là (c’était plus facile). Mélo a commandé un porc aux oignions avec du riz et j’ai pris un plat de nouilles à l’omelette farcie de viande et fromage, avec une soupe de nouilles super épaisses. C’était délicieux, on n’est jamais déçus par ces gyudon.




Bien rassasiés, nous avons attrapé un bus qui nous a emmené vers le nord-ouest de la ville, plus précisément jusqu’au Rokuon-ji Temple, connu aussi sous le nom de Golden Pavillon. Dès notre arrivée, nous avons été émerveillé par la splendeur de ce temple et du cadre, il brillait à la lumière du soleil et se reflétait sur l’étendue d’eau sur laquelle il est situé.
Le temple était la demeure de Kintsune Saionji dans les années 1220.
Il est entouré d’une belle forêt dense, dans laquelle ont été construits de jolis ponts en pierre et bambou.




Nous avons enchainé avec le temple Ryoanji qui se trouve un peu plus au sud. Il est célèbre pour son jardin zen. C’est un jardin constitué de 15 rochers entourés de petits cailloux bien ratissés. De n’importe quel endroit où on se place, on peut toujours compter 14 rochers, c’était amusant.
L’édifice est entouré d’une forêt, et une grande étendue d’eau se trouve un peu plus bas, mais il commençait à faire sombre et nous n’avons pas pu apprécier à sa juste valeur.
Il y avait un petit jardin vert réservé aux membres de je ne sais plus quel club, ainsi qu’un autre jardin, sans doute moins intéressant, constitué de sortes de sapins taillés d’une façon étrange…




Le soleil ayant presque disparu, nous avons pris un bus qui nous a transporté jusqu’à pontocho, une petite ruelle située à coté du canal, dans laquelle se trouvent des restaurants typiques et des mini magasins. Nous avons continué notre chemin jusqu’à l’autre rive du canal, puis jusqu’à un pâté de maison conservé du vieux Kyoto. Sous la pluie, nous avons découvert les 3 rues sombres, mais très jolies, qui composent le quartier.

Ça y est nous avions faim maintenant, nous sommes allés en direction d’un restaurant repéré dans le guide city map. Après avoir tourné 2 ou 3 fois dans la mauvaise rue, nous sommes arrivés à proximité, et nous sommes tombés sur un restaurant typique (avec les rideaux à moitié baissé à l’entrée : c’est le code pour les restaurants traditionnels). Ce n’était pas le bon restaurant, mais ils avaient un menu en anglais et servaient du bœuf de Kobe.
Nous sommes entrés et avons été accueillis sur une petite table à la japonese style, après un coup d’œil au menu, nous avons choisi le menu « Shabu-shabu Dx » avec de la viande japonaise de 1ère qualité (wagyu beef) et 1 bière chacun (« ni biiru kudasai » = 2 bières s’il vous plait). Nous avons tout de suite été surclassés vers une table plus grande avec plaque à gaz intégrée et les serveurs se sont empressés de nous emmener nos entrées ainsi que tout le nécessaire : une marmite d’eau, un plat de légumes et deux gros plateaux de viande de kobe. Nous avons fait tremper les légumes et la viande dans l’eau pour les faire cuire, puis dans une sauce merveilleuse (il faudra que je trouve le nom), résultat : un délice !!! La viande était d’une tendresse incroyable, ca n’est pas pour rien qu’elle est réputée comme la meilleure viande au monde, elle fondait presque dans la bouche et on ne sent pas du tout les gras qui semble pas mal présent. Cette viande se mange à point, mais il faut faire attention à ne pas la laisser trop tremper car elle cuit assez vite, 3 ou 4 secondes suffisent.




A la fin du repas, après une glace au thé vert délicieuse elle aussi, mélo a commandé 2 saké en japonais « o saké kudasai » en pensant avoir une coupelle de saké chaud chacun, mais nous avons eu une bouteille de 18cl chacun. Bon c’était un peu trop, surtout après 50cl de bière chacun ! Mais il était très bon et le chaud dans la bouche après cette glace nous donnait une sensation très agréable.


Un peu joyeux tous les deux, nous sommes allés jouer au pachinko, cette fois, nous avons un peu mieux compris : lorsque les billes tombent dans le trou START, ça déclenche le mécanisme des chiffres qui défilent à l’écran, et lorsqu’ils s’arrêtent, s’ils sont bien alignés, quelques billes tombent dans la gamelle des gains. Notre machine jouait une musique rigolote et des poissons défilaient à l’écran. Nous avons gagné un peu, puis tout perdu au final, mais c’était amusant.


Nous sommes ensuite rentrés à l’hôtel où nous avons pris un bon bain Onsen ! Soucieux de respecter le rituel, nous nous sommes tout d’abord rincés à la douche, puis nous nous sommes plongés dans le bain pour nous réchauffer, ensuite nous sommes ressortis pour nous laver sous la douche, et enfin nous nous sommes replongés dans le bain. L’expérience était très agréable, nous avons eu un peu de mal à entrer dans l’eau à 60°c selon le thermomètre, mais une fois dedans c’est notre corps et esprit qui étaient apaisés de cette journée ainsi que des précédentes.
De retour dans la chambre vêtus de nos yukata, nous avons pris un bon thé vert et au dodo !

vendredi 5 septembre 2008

03/09/2008 : Kiree desu !!!

Ce matin, réveil à 6h30 par le service au téléphone, après une nuit pas des plus reposantes. Nos téléphones n’ont pas arrêté de sonner de 3h à 5h du matin (7h de décalage horaire avec la France, il faut le préciser), on ne les avait pas éteint parce qu’on y avait activé les réveils.

7h30, petit déjeuner dans la salle du rez-de-chaussée, un western style (tartines et salade de chou, allez savoir où ils ont vu ça…) pour moi, et japanese style pour Mathieu (je crois qu’il a un peu regretté cette fois, en tout cas ne lui parlez plus de soupe miso ou de tofu).

8h30, départ du ryokan, qui nous aura beaucoup moins marqué que le premier à Miyajima. On se dirige vers l’arrêt de street car (prononcez : Strittocar comprenez : tramway), pour se diriger vers la gare d’Hiroshima, car nous partons pour Kyoto. Mais avant cela, on a prévu de faire un stop de quelques heures à Himeji, à mi chemin, où il y a le plus beau château féodal du Japon, une visite à ne surtout pas manquer !


9h40, on prend le train, on a déjà pris du retard, parce qu’on a loupé le train précédent prévu au programme.

11h00, arrivée à Himeji ! On met nos sacs à dos en consigne à la gare, comme ça on sera plus à l’aise pour se déplacer, et profiter de la visite et du beau temps. On a décidé de se rendre de la gare au château à pieds, il était à environ 20 minutes de marche, et ça nous a bien dégourdi les jambes. On flâne un peu sur le chemin, on a regardé les boutiques, les gens, l’ambiance. On s’est bien rendu compte qu’on était dans une petite ville. Ca n’a rien à voir avec l’agitation de Tokyo, tout le monde à l’air plus paisible, et les gens nous saluent volontiers sur notre passage en nous faisant de grands sourires. Je pense qu’ils étaient contents de voir des étrangers visiter leur petite ville, et découvrir leur patrimoine culturel.

Avant d’entrer dans l’enceinte du château, on voulait acheter de quoi manger à emporter, mais il est interdit d’amener de la nourriture sur le site historique, et on a donc décidé de faire demi tour et d’aller au McDo.

Allez ! C’est parti ! Château d’Himeji nous voilà ! On paie notre entrée 600¥ chacun (environ 4€), et on est tout de suite émerveillé par la beauté des lieux. On aperçoit le château imposant, trônant sur sa colline, et les murailles aux tuiles décorées de sceaux des clans qui ont régné jadis. Sa construction a évolué au fil des siècles, du 14ème au 17ème siècle, et aujourd’hui, on peut distinguer plusieurs bâtiments, dont le plus important : la main tower sur 7 étages. On traverse des jardins, des anciennes pièces où l’on stockait le sel et le riz, pour enfin y arriver.


A l’entrée, on doit retirer nos chaussures, pour préserver les parquets d’époque. C’était assez rigolo, car, tout le monde avait l’air un peu bête pied nus ou en chaussettes dans le château. Ce n’est pas un château très décoré, mais on y a exposé de très belles armures de samurai, des armes de guerre, et une foule d’explications sur les différentes pièces, coins et recoins du château. On a décidé de monter les 7 étages pour la vue imprenable sur la ville qui s’étend jusqu’à l’horizon. Une fois là haut, on obtient le tampon du château (à chaque lieu important au Japon, il y a un tampon souvenir, et on commence à avoir une belle collection), bien mérité.


On redescend les escaliers escarpés, on se rechausse, et on va voir « harakiri – maru », c’est l’endroit où les samouraïs se suicidaient s’ils estimaient avoir déshonoré leur souverain, comme preuve de dévotion. C’est vraiment une culture très différente de la notre. Le temps de prendre quelques photos, on se dirige vers la sortie, car notre train pour Kyoto ne va pas tarder. Et c’est évidemment à ce moment précis qu’il se met à pleuvoir à torrent ! On avait laissé les parapluies à la consigne de la gare, catastrophe ! Impossible de se déplacer sous une pluie pareille, on s’est donc abrité sous le toit d’une petite boutique souvenirs du château le temps que ça se calme un peu. Une demi heure plus tard, il pleuvait toujours, mais un peu moins fort, alors on s’est vite dépêché de faire les 200m qui nous séparaient d’une petite rue commerçante couverte qui allait jusqu’à la gare. Trempés jusqu’aux os, on récupère nos sacs, et on loupe le train prévu d’1 minute ! Ce n’est vraiment pas de chance, car il faudra qu’on attende 1h dans la gare le prochain train.


Pendant ce temps, on a observé avec admiration les Nozomi 700 (train le plus rapide du monde !) passer à toute allure devant nous, faisant tout un tas d’étincelles. On monte un peu déçu dans notre Hikari 450 (parce que nos JR Pass ne nous permettent pas de monter dans les Nozomi).

Arrivée à Kyoto, on se dirige à pieds vers notre Ryokan pour 3 jours : le Kikokuso. Il se situe à 10 minutes de marche de la gare de Kyoto, en face du parc Shosei-en.


C’est une vieille dame et un vieux monsieur, très charmants qui nous accueillent et nous montre notre jolie chambre japonaise. Ce ryokan est magnifique, il a plus de 150 ans. On se relaxe un peu avant de ressortir pour manger.



La patronne nous indique le quartier de Gion (à 2 arrêts de métro. Gion, c’est aussi le quartier des Geishas (il y en a 300 à Kyoto, et il en reste 1500 dans tout le Japon, c’est très peu), et on espère bien en voire une ! On se trouve un petit resto chinois (tiens, ça change un peu comme ça !), on a commandé du poulet ananas, du porc poivrons et des beignets d’aubergines sel/poivre, le tout avec une bonne bière japonaise. On découvre également que Gion, c’est le quartier des « Host Bars ». Ce sont des établissements pour célibataires qui se sentent seuls, et veulent passer la soirée en compagnie de jeunes hommes ou jeunes femmes talentueux (chanteurs, danseurs, etc…), qu’ils choisissent sur catalogue à l’entrée, et paient en moyenne 6000¥ de l’heure leur compagnie. Encore une fois rien de sexuel, on vend du rêve au Japon, mais on ne le touche jamais du doigt.

On s’est un peu baladé le long de Shijo-Dori, et on est tombés sur un « temple » shinto (ça ne se dit pas temple, mais Shrine en anglais, et en français je ne sais pas comment on le traduit), la Yasaka Shrine. C’était vraiment magnifique ! Il y avait des milliers de lanternes en papier éclairées, l’endroit était magique. C’est vraiment une visite à faire la nuit je pense.



Après cette découverte, on a décidé d’aller tester les Pachinkos. On y a passé 2000¥, et une gentille hôtesse a essayé de nous expliquer, mais on n’a rien compris, lol !


Retour au Ryokan, où la vieille dame nous montre le superbe jardin Zen de la bâtisse, avec son pont en bois et ses carpes Koï géantes. Elle nous invite également à aller quand on le veut dans le bain commun de l’établissement. Franchement, on était la seule chambre à avoir une salle de bain privée, et ça ne nous tentait pas trop, mais quand on a vu le bain, on a tout de suite changé d’avis ! C’était un tout petit Onsen avec un bain en rocaille et une petite cascade. Elle a bien senti qu’on était réticents et nous a rassuré en nous disant qu’on pouvait fermer à clefs lorsqu’on y était et qu’on pouvait y aller ensemble (les onsens ne sont pas mixtes pour la plupart au Japon). Je voulais lui dire que c’était très beau, et elle nous a appris le mot « KIREE ». On lui a dit très vite « Kiree desu ! ».


jeudi 4 septembre 2008

02/01/2008 : Mata da ne !

Nous avions laissé les rideaux ouverts pour nous réveiller avec le soleil, on s’est d’ailleurs rendu compte qu’il se lève très tôt au japon. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle le pays du soleil levant. Nous avons tout de même continué de nous reposer jusqu'à 8h car notre petit déjeuner était programmé à 9h.
Notre premier petit déjeuner japonais fût une belle découverte (pour moi en tout cas, car Mélody n’aime pas tellement le salé le matin). De la même façon que le repas du soir, le petit déj était constitué d’une multitude de petits plats (ils doivent se taper de sacrées vaisselles, Teipei nous a raconté qu’une fois il a préparé un repas pour 11 personnes avec 20 plats chacun, après la vaisselle, il ne pouvait plus lever les bras…).
Au menu nous avions une omelette avec du bacon (c’est japonais ça ?), du tofu, une soupe miso à l’œuf, du riz nature, des légumes, une salade de choux, du thé vert, etc. c’était super bon.
Après ce petit déjeuner bien nourrissant, (un peu trop peut être : j’avais presque envie d’aller me recoucher) nous sommes retournés voir ce que nous avions manqué la veille.
La marée était haute, le ciel était dégagé, le soleil radieux et les petits crabes étaient de sortie. Nous sommes allés visiter l’Itsukushima Shrine. Il s’agit d’un superbe temple sur pilotis qui se retrouve au niveau de la mer lorsque la marrée est haute. De magnifiques statues de chiens-lion étaient disposées face à la mer, protégeant la salle de prière d’une éventuelle attaque (de la nature, ou des êtres vivants). Nous n’avons malheureusement pas pu prendre en photo la salle de prière fort belle, dans laquelle se déroulait un rituel car les appareils y étaient interdits.



Ensuite nous sommes montés jusqu’au téléphérique à pied (15 minutes de marche environ) pour commencer l’ascension jusqu’au mont Misen, on aurait bien monté les 430m de dénivelée à pied mais on n’en avait pas le temps (hahaha). La vue d’en haut était magnifique, nous avons pris quelques photos pour en faire un panorama après. Nous avons aperçu 3 singes, mais nous ne pouvions pas les approcher, et en plus nous ne devions pas… Après une petite balade dans les sentiers du mont, nous sommes retournés à l’hôtel pour le checkOut.


Nous avons bien remercié l’adorable petite famille qui nous avait accueillie, pris quelques photos, c’est alors qu’ils nous ont appris l’expression « Mata da ne » qui signifie à bientôt, en nous expliquant qu’ils espéraient que l’on revienne. Nous sommes partis vers le ferry et nos 2 hôtes sont restés sur le pas de la porte, à nous faire de grands signes, tout souriants qu’ils étaient, jusqu'à ce que nous soyons entrés dans la gare maritime.



Après la traversée, nous avons repris le train jusqu'à Hiroshima et enfin le streetcar (se prononce « Streeto car » à la japonaise) jusqu'à notre ryokan, le « Sera bekkan ».
On sent tout de suite qu’on s’écarte pas mal du ryokan familial et que se rapproche plutôt d’un hotel : il y a environ 30 chambres réparties sur 4 étages avec des bains publics unisex (honsen) au 4ème pour les hommes et 5ème pour les femmes. L’idée de se retrouver nu seul avec des japonais, sans savoir ce qu’il faut faire pour respecter les traditions etc., nous effraie un peu. Nous avons décidé d’essayer les honsen dans notre prochain ryokan, à Kyoto dans lequel nous pourrons nous baigner ensemble.
Notre chambre est grande et très jolie, « l’hôtesse » qui nous a accueillis nous a servi un thé vert, puis nous a informés que notre repas traditionnel se fera dans la chambre, nous avons trouvé l’idée sympathique.


Pendant le temps qu’il nous restait avant le repas, nous sommes allés voir le site de la bombe atomique. Les japonais ont souhaité conserver un bâtiment touché par la bombe, bien que le souvenir soit douloureux, pour informer les futures générations mais aussi comme symbole de paix pour la lutte contre les armes nucléaire. Le bâtiment a été bien dévasté, mais malgré quelques éboulis, il semble pouvoir tenir debout encore pas mal de temps.
Enfin nous avons fait un tour dans la rue commerçante repérée en allant au ryokan un peu plus tôt.


Il était l’heure du repas, mélo sortait à peine de la douche quand notre hôtesse a tapé à la porte, elle est entrée avec les premiers plats du repas et nous a invité à nous assoir. Le rituel a commencé, toutes les 3 minutes environ, elle entrait avec un nouveau plat, enlevait ses tongs, déposait le plat, partait avec ceux qu’on avait finis, remettait ses tongs et fermait la porte. La situation était quelque peu comique : le fait de la voir enlever et remettre ses tongs, qu’elle portait avec des chaussettes de ninja blanches, avec une multitude d’assiettes dans les mains m’a fait beaucoup rire.
Le repas était bon, nous avons gouté le plat nationnal : le « Nabe » (pot au feu au tofu, carottes, champigons,…), mais il n’égalait pas celui de la veille. Je pourrai en dire de même pour le service, il était très correct, et la servante était très souriante, mais elle nous a beaucoup moins charmé qu’hier (serions nous devenus exigeants ?). En effet, Teipei portait les plats avec une telle classe, il mettait du style dans sa façon de disposer et reprendre les plats en avançant son bras tel un serpent qui zigzaguerait entre les obstacles.

Après le repas, nous avons eu droit a un thé vert (c’est vraiment la boisson du japon ça) pendant que la femme de chambre nous disposait les futons sur le tatami.
En partant, elle nous a remercié, s’est excusée et nous a encore remerciés. Nous l’avons remerciée à notre tour pour le repas « oishii desu arigatoo gozaimasu » ainsi que pour les lits « domo arigatoo gozaimashita ».




01/09/2008 : Oichii desu ne ?

Ca y est ! Aujourd’hui c’est le grand départ, enfin non, je dirais plutôt le petit départ, car nous quittons Tokyo… Réveil à 6h30 pour faire le check-out, petit déjeuner tranquille au Starbuck Coffee, et direction la gare pour rejoindre la station de Shinagawa : notre point de départ pour prendre le Shinkansen. On galère un peu une fois là bas pour trouver l’endroit où échanger nos coupons contre un beau JR Pass, le sésame du déplacement illimité au Japon. Une fois trouvé, on signale à l’employé de la gare que nous nous rendons à Hiroshima, et il nous réserve des places (ce n’est pas obligatoire de réserver des places dans le Shinkansen, mais vous avez une place assise sûre dans une voiture spéciale, plus confortable). Nous avons loupé le train prévu à l’origine à 8h10, mais nous en prenons un autre à 8h40, ce n’est pas trop grave.


Et nous voilà partis pour 5h de train ! On espérait apercevoir le Mont Fuji sur notre trajet, mais à ce qu’il parait, c’est très rare, car il est toujours très embrumé, et je pense que c’était le cas lorsque l’on est passé devant. On effectue un changement de train à Shin-Osaka, et on arrive vers 14h à Hiroshima. Mais ce n’est pas encore notre destination finale ! Car nous allons passer la nuit sur l’île de Miyajima, l’un des 3 paysages les plus saisissants du Japon, et classé au patrimoine mondial. Malgré tout, je veux m’arrêter un moment pour trouver une ATM machine (une machine pour retirer de l’argent), car ma banque doit me bloquer les retraits dans certains pays, et comme je n’en suis pas sûre, je veux essayer toutes les machines que je trouve au cas où (ça n’a toujours pas marché à Hiroshima…).
On s’en va donc demander conseil au point d’information de la gare pour obtenir des plans en anglais et quelques conseils sur le chemin à emprunter dans le dédale de la gare pour se rendre à Miyajima. Une charmante hôtesse parlant très bien anglais, et quelques mots de français, nous fournit tout ça et c’est parti ! Franchement le JR Pass c’est trop la classe ! On passe à coté des portillons là où il y a un agent, en montrant notre VIP Pass, et on passe sans payer ! Nous avons donc encore 25 minutes de train jusqu’à la gare de Miyajimaguchi et 10 minutes de Ferry jusqu’à l’île.


Enfin, nous y sommes ! Il ne nous reste plus qu’à trouver notre Ryokan : le Yamaichi Bekkan. Petite explication. Un ryokan, c’est une sorte d’hôtel/maison d’hôtes japonais, où vous pouvez choisir de dormir dans des chambres à la japonaise, avec tatamis, futons, portes coulissantes en papier, et Yukata de prêt dans le placard, de dîner et petit-déjeuner aussi, tout ceci à la japonaise ou à l’occidentale. Nous avons aussi choisi de dîner à la japonaise (à genoux sur des tables basses), et de prendre un petit déjeuner japonais ! (je m’attends au pire !)
Notre Ryokan est très facile à trouver, il se situe juste en face des quais de ferry. Mais quelque chose retient notre attention avant même de l’atteindre… Des daims ! Il y a toute une colonie de daims très familiers qui se baladent dans toute la ville. Vous pensez bien qu’on est allé caresser ces petits bambis trop choupis immédiatement ! Après la séance photo avec les choupinets terminée, on s’en va faire le check-in dans notre nouvelle maison, et surtout déposer nos sacs pour commencer à explorer Miyajima.


A notre arrivée au Yamaichi Bekkan, j’entends : « Melody san ? » !!! J’avoue que je ne m’attendais pas à un tel accueil ! On était attendus ! C’est le très gentil Teipei (désolé si j’écris mal ton prénom et que tu me lis Teipei) qui nous accueille chaleureusement. Il parle un peu anglais et quelques mots de français aussi, et nous engageons la conversation pendant un moment dans l’entrée du Ryokan. Avant de nous montrer notre chambre, il nous dit qu’il y a des risques qu’il pleuve en fin d’après midi, et que l’on doit se dépêcher pour visiter un maximum avant le mauvais temps. Il nous conduit à notre chambre japonaise. C’est exactement le genre de chambre à laquelle on s’attendait, avec les futons qui nous attendaient, et le thé vert prêt à être servi. Mais ce n’est pas le moment de traîner dans notre jolie chambre.
On s’en va donc explorer l’île. On emprunte la promenade le long de la mer, enfin de la vase plutôt parce qu’il y a marée basse. Le chemin est en sable bien tassé et tout semble comme balayé, nettoyé, une bonne impression de propreté en tout cas. On arrive à Mikasanonama, dans le prolongement du chemin, avec d’immenses chiens/lions en statues qui nous observent. D’ici, on a une très belle vue sur la porte d’O-torii, édifice imposant qui se retrouve en plein milieu de la mer à marée haute. On passe à côté d’Itsukushime Shrine, mais nous ne la visitons pas pour le moment, car ce sera plus joli à marée haute, comme le bâtiment est construit sur pilotis.



Direction Senkokaju et la pagode à 5 étages, ce sont 2 édifices bouddhistes du 16 et 15ème siècle respectivement. C’est vraiment magnifique, et l’on comprend pourquoi ce site est classé au patrimoine mondial culturel !


On décide de se promener un peu dans la réserve naturelle de Momijidani, qui abrite des daims, et une superbe forêt d’érables japonais. Cette forêt est vraiment très propre et belle, nous avons encore une fois cette impression que tout a été nettoyé, balayé, briqué à fond. On se fait une petite séance photos sur un pont peint en rouge, au dessus d’une petite rivière avec des pierres toutes rondes. La forêt entière ressemble à un jardin zen. On se ressource enfin, après toute l’agitation de la ville de Tokyo. On voulait monter au Mont Misen, le point culminant de l’île, mais le dernier funiculaire partait à 17h et ça faisait un peu juste, donc on a reporté à demain le Mont Misen et Itsukushime Shrine.



On était sur le point de rentrer vers l’hôtel, quand soudain, on entend des femmes crier ! On se retourne, nous étions tout près du joli petit pont rouge, et là on voit un énorme singe ! Un homme sort d’un bâtiment, et commence à lui lancer des pierres, du sable, et lui crie dessus. Ouf, l’affaire est maîtrisée ! Mais bon, Teipei nous apprendra ses mésaventures avec les singes de cette île, car il a été attaqué étant petit, et les a vus se battre avec un racoon dog, un serpent, et même un essaim d’abeilles. « Il ne faut surtout pas les regarder dans les yeux » nous dit-il. Il ajoute que c’est très rare de les voir si près de la ville, eux qui d’ordinaire vivent haut dans la montagne, il devait chercher de la nourriture.
Une fois retourné au Ryokan, on s’apprend quelques mots dans nos langues respectives : il a eu beaucoup de mal à prononcer « Ravi de vous rencontrer », alors on lui a appris « Enchanté » !!!On remonte dans notre chambre, et on se prépare pour notre premier repas traditionnel japonais (entre 7 et 20 plats !).
Teipei nous accueille dans une salle exprès pour nous, avec un menu qu’ils ont spécialement élaboré pour nous aussi, car j’avais demandé un repas sans poisson. On était vraiment charmés de toutes les petites attentions à notre égard, presque gênés, car on n’a pas l’habitude d’être aussi bien servis, on croyait être des prince et princesse. On découvre tout un tas de plats qu’on a vraiment aimé, et tout particulièrement les sashimis de bœuf au vinaigre de soja (je ne sais plus comment ça s’appelle), et les tempuras, des beignets de légumes frits à tremper dans une sauce au soja avec du radis blanc (ça ressemblait vraiment à de la cuisine niçoise ceux-là). On a pu aussi goûter du Tofu (une sorte de lait de soja fermenté en fromage), mais franchement, dans le même genre je préfère la mozzarella ! Poulet Teriyakki, soupe Miso, etc… On a eu presque une dizaine de plats en tout, on n’en pouvait plus ! Pas l’habitude de manger autant, et surtout autant de plats différents. Teipei nous a appris à dire « c’est bon » en japonais, car on voulait clairement lui dire ! « Oishii desu ! ».


Nous somme vraiment enchantés de cette rencontre, Teipei et sa maman qui tiennent le Ryokan, sont vraiment adorables.
On discute encore un peu de nos pays, de tout et de rien, et puis on retourne dans notre chambre.
On se fait une supère séance photo avec les Yukatas, et on se prend un thé vert (O-Cha en japonais). On voulait ressortir après, mais on s’est mal compris, et les portes étaient fermées quand on est descendus, ils croyaient qu’on voulait aller se coucher… Tant pis ce n’est pas trop grave, on est extenués, on va se coucher.